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07.10.2009

Grand Paris : une tentative de recentralisation archaïque sans ambition.

Jean-Pierre CAFFET et Nicole BRICQ, au nom du groupe socialiste du Sénat, dénoncent le projet de Grand Paris. Dangereusement déconnecté des réalités que vivent les franciliens, il n’est que l’illustration de la volonté du gouvernement de liquider les acquis de la décentralisation, et d'assurer la mainmise d'un Etat impécunieux sur l’aménagement de l’Ile de France.


Mené sans concertation avec les élus territoriaux, ce projet repose sur une ambition technocratique au motif exclusif de la compétitivité des entreprises, alors que l'urgence commande la réalisation rapide de nouveaux moyens de transport à disposition des franciliens dans la zone la plus dense, comme le préconisent la région Ile de France et le rapport Carrez : Arc Express, prolongement de la ligne 14 et de Eole vers l’ouest, rénovation des lignes RER…

L’Etat serait seul habilité à définir les tracés du nouveau métro qui passera pour l’essentiel dans les champs à 60 km de Paris. L’Etat aménagerait seul les abords des quarante nouvelles gares, en y décidant de ce qu’il faut y construire, piétinant ainsi les documents d’urbanisme des communes, fruits de la concertation locale et porteurs d’équilibres territoriaux et sociaux. De tout cela, l’Etat ne manque pas, en revanche, de reporter la charge sur les collectivités territoriales ! Car c’est un fait : le gouvernement n’a pas le moyen des ambitions pharaoniques du Président de la République.

Les travaux de Paris Métropole, ceux de la région Ile-de-France, des intercommunalités et de la ville de Paris seraient anéantis par une loi qui fait croire qu’il suffit d’annoncer un projet pour qu’il sorte de terre.

Avec de nombreux élus parisiens et franciliens de toutes sensibilités, les sénateurs socialistes refusent ce projet régressif. Il s’agit d’inscrire Paris dans le concert des métropoles mondiales comme un exemple de métropole durable, démocratique, agréable à vivre. Des choix d’aujourd’hui découleront en partie la capacité à produire un nombre suffisant de logements, des transports de qualité, une économie créatrice d’emplois et qui assure une répartition équitable des richesses permettant de mettre un terme à des rentes de situation injustifiées et de corriger des inégalités de plus en plus flagrantes.

Les sénateurs socialistes affirment qu’une alternative est possible. Ils feront des propositions en ce sens, aussi ambitieuses, plus réalistes, fondées sur des exigences écologiques et démocratiques, enfin et surtout soucieuses de justice sociale.

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