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L'Edito du Président

Le Premier Ministre nous a dit vouloir tenir compte du message envoyé par les français. Il veut en tenir compte, mais sans aucune modification de sa politique. Ou plutôt de son absence de politique tant celle-ci semble osciller au gré des difficultés et des humeurs présidentielles. Le meilleur exemple en est l’abandon de la taxe carbone, qui était présenté il y a quelques mois encore comme une mesure phare du quinquennat. La seule véritable continuité dans son action, c’est l’injustice. Injustice sociale avec le bouclier fiscal d’un côté, les franchises sur les médicaments de l’autre. Injustice territoriale avec la disparition des services publics dans les zones rurales et dans les quartiers. Injustice générationnelle avec le creusement historique des déficits publics.

N. Sarkozy a indiqué vouloir être jugé sur ses résultats. Mais, ceux-ci sont déjà présents et les français, dans ce qui est aussi un vote sanction, ont été très clairs sur ce qu’ils en pensent. La situation économique et sociale devient de fait de plus en plus difficile. La dernière note de conjoncture de l’INSEE est très parlante. La France est toujours en crise, ou plutôt en reprenant les termes des économistes, en croissance faible. La consommation des ménages français recule en ce début d’année, en phase avec un pouvoir d’achat qui n’augmente plus, et l’investissement ne repart pas. Dans nos territoires, nous voyons bien cette persistance de la crise, avec la poursuite des difficultés des entreprises et le moral très bas de nos concitoyens aux prises avec une vie quotidienne difficile. La situation rappelle, en plus grave, celle de 1995 ou, après une année de récession, la reprise n’arrivait pas à décoller, du fait d’une politique économique erronée et du manque de confiance des français en celle-ci. Mais comme l’a annoncé le Premier Ministre, il ne faut pas s’attendre à un changement de politique économique et sociale !

Même constance pour le Grand Paris. Malgré le soutien des franciliens au Président de région sortant, Jean Paul Huchon, le projet de loi est maintenu. Il s’agit pourtant d’un exemple de ce que les Français ne veulent plus : pas de dialogue avec les citoyens, pas de concertation avec les élus, un projet d’un autre temps, avec une gouvernance où l’Etat se veut seul maître à bord. Le groupe socialiste du Sénat interviendra pour demander le retrait du texte et l’édification d’un nouveau projet, avec un partenariat réel et loyal entre les collectivités locales et l’Etat et la mise en place des outils nécessaires au développement de la région capitale et à l’amélioration des transports pour les franciliens.

Cette volonté de nier le suffrage des français existe aussi sur la réforme territoriale. Le calendrier d’examen des projets de loi devrait être respecté aux dires de M. Marleix. Le pouvoir n’a donc pas compris l’attachement des français aux collectivités locales et le besoin de s’appuyer sur leurs réussites dans cette période difficile. Ou plutôt, il fait mine de ne pas comprendre… au risque de recevoir un nouveau message ….comme un boomerang !

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