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07.05.2009

Mobilisés !

Un mois nous sépare des élections européennes. Jusqu’à présent, la campagne a du mal à mobiliser les Français qui ressentent l’Europe comme loin de leurs préoccupations quotidiennes, laissant à penser qu’un nouveau record d’abstention sera battu le 7 juin prochain.


C’est triste pour l’Europe. Alors qu’elle dispose de pouvoirs extrêmement importants, celle-ci n’avance plus depuis plusieurs années, notamment parce que la droite majoritaire dans toutes les institutions européennes tend à faire de l’application du dogme ultralibéral son unique objectif, au mépris des fondements même de la construction européenne, basée sur la solidarité et la coopération. L’idéal européen semble bien loin.

A l’heure où ce « modèle » explose, il est donc grand temps de tirer le bilan de l’axe Sarkozy-Barroso-Berlusconi et de la droite au Parlement européen. L’UMP en appelle à une politisation du débat. Chiche ! Les socialistes ne réclament que ça. Un exemple : la lutte contre la crise économique. L’insuffisance du plan de relance européen, qui n’a d’européen que le nom, et la mauvaise coordination des politiques de relance, sont évidents. La stratégie de Lisbonne qui se devait de construire un autre modèle pour l’Europe basé sur la croissance économique, la justice sociale et la protection de l’environnement, a été mise en échec par ces mêmes dirigeants. L’absence de régulation des marchés financiers, refusée par la droite du Parlement européen comme par le Commissaire européen libéral, Charlie Mc Greevy, illustre à quel point un changement de majorité au Parlement européen est devenu urgent pour l’avenir de l’Europe.

C’est pourquoi les socialistes sont mobilisés depuis plusieurs semaines autour d’un véritable projet alternatif pour l’Europe, le manifeste du PSE. Or si les socialistes sont en ordre de bataille, ce n’est toujours pas le cas de la droite, qui n’a toujours ni liste, ni programme. Elle en est donc réduite à lancer des leurres, comme celui sur les listes Dieudonné, à ressortir de façon indécente des sujets comme la sécurité ou l’immigration en plein période de crise économique et sociale ou encore à s’appuyer sur les vaines gesticulations du Président de la République Europe pour gagner des voix.

Dans ce contexte, le groupe socialiste du Sénat est mobilisé pour faire partager ces importants enjeux. Il a ainsi mis en exergue le 30 avril un des grands échecs de la majorité PPE et de la Présidence française, la défense des services publics à travers une législation-cadre européenne, obligeant la droite sénatoriale à se saisir de la question et à improviser en s’en tenant qu’à des déclarations de bonnes intentions. Le 4 juin, un autre débat aura lieu en séance sur un autre échec de cette majorité PPE, la politique sociale européenne. Sur les sujets européens, l’UMP sénatoriale ne se démarque pas de l’UMP nationale et du PPE et brille par son conservatisme, sinon sa vacuité. La déclaration du PPE adoptée à Varsovie le 30 avril dernier en est une belle illustration. Les Français voudront-ils perpétuer cette orientation politique de la construction européenne? A nous de leur montrer l’inanité d’une telle démarche et de les convaincre que le changement est possible et dans leurs mains.

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