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Les commentateurs semblent redécouvrir la crise. En fait, ce sont surtout les marchés, et au premier rang les agences de notation, qui s’inquiètent de l’envolée des dettes publiques, et des capacités de remboursement de certains états. Les spéculateurs ont suivi et ont joué contre la Grèce, pays jugé le plus faible, et contre l’euro. Par contre, les mauvais résultats économiques européens (+ 0,1 % seulement au 4ème trimestre) et la progression du chômage (450 000 emplois supprimés en France en 2009, 126 000 suppressions anticipées par l’Insee au premier trimestre) les laissent de marbre. Il est vrai qu’au niveau des profits, tout va bien. Les institutions financières ont retrouvé des bénéfices du même ordre qu’en 2007. Finalement, tout est redevenu comme avant. Profits faramineux d’un côté, difficultés sociales de l’autre, et un capitalisme financier qui profite de l’un et de l’autre, et demande des politiques de rigueur.
La crise de 2008 a suffisamment montré les conséquences désastreuses du capitalisme financier pour qu’on évite de répéter les mêmes erreurs. Surtout quand la survie de la finance mondiale vient des politiques de relance menées par les pays, et donc des contribuables.
Cela implique que soient réellement mises en œuvre des réformes pour modifier les fonctionnements des marchés financiers, des banques, des agences de notation, des paradis fiscaux, …
Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on se hâte lentement. Au niveau mondial, les pays du G7 finances ont indiqué qu’ils allaient rechercher d’ici la fin de l’année un consensus sur de nouveaux standards prudentiels.
L’année dernière, on avait déjà les mêmes promesses ! En France, en fait de contrôle des banques, nous allons simplement adopter la taxe sur les bonus supérieurs à 27 500 euros.
Les propositions des sénateurs socialistes pour moraliser le secteur financier ont été une nouvelle fois repoussées lors de l’examen du projet de loi de finances rectificative pour 2010. La seule bonne nouvelle pourrait venir de l’Europe avec le consensus qui semble se dessiner sur un gouvernement économique pour l’Union.
Sur la politique économique à suivre, les pays européens ne doivent pas tomber pas dans le diktat des marchés. Rien ne serait plus contreproductif que de stopper les politiques de relance. Et rien ne serait plus injuste que de faire payer aux seuls ménages moyens et modestes le retour à l’équilibre budgétaire, alors que les gros revenus et la finance en seraient exonérés. Or, c’est bien ce qui est en train de se passer en France. A coups d’annonces sur les retraites et de conférence sur les déficits, le gouvernement prépare l’opinion à une politique de rigueur très rude. Annoncée bien entendu après les élections régionales.
Mais inéluctable. La France vient d’ailleurs d’envoyer à Bruxelles des prévisions budgétaires qui le montrent. D’ici 2013, le déficit public devra être revenu sous la barre des 3 %.
Comme Nicolas Sarkozy a bien indiqué qu’il n’était pas question de toucher au bouclier fiscal, ou de taxer plus fortement les profits, ce sera la grande masse des français qui va payer.
D’abord par une réforme des retraites dont on devine les contours. Ensuite par une réduction de la qualité des services publics. Les dépenses de l’Etat, des collectivités locales et de la Sécu devront en effet progresser d’ici 2013 de 0,6 % par an. Et 0,3 % hors intérêts de la dette.
RGPP accélérée, collectivités locales pillées, le programme est d’ores et déjà annoncé... un après régionales douloureux ! |