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Comme le reste du pays, les territoires ruraux sont frappés durement par la crise. Pire, le contexte économique général s’y conjugue avec une crise agricole sans précédent. Pourtant, les pouvoirs publics au plus haut niveau donnent le sentiment d’abandonner à leur sort des pans entiers de cette France qui souffre.
J’en veux pour preuve, bien sûr, la réforme territoriale en cours. Notre groupe en a déjà beaucoup débattu, et en débattra encore. L’impact de la réforme sera néfaste partout, et il sera très durement ressenti aussi par nos concitoyens dans les territoires ruraux, où les élus de proximité jouent leur rôle quotidien d’animation et de dynamisation et font vivre, contre vents et marées, le lien social.
J’en veux pour preuve, aussi, les mauvais coups portés à la gendarmerie. Le débat sur le sujet l’a opportunément rappelé, cette semaine même, au Sénat. 1.300 emplois seront supprimés cette année. D’ici à 2012, pas moins de 175 brigades territoriales sont condamnées. Ce nouveau recul du service public, ce désengagement supplémentaire de l’Etat aura des conséquences automatiques : un détricotage inédit du maillage territorial de la gendarmerie en milieu rural, un affaiblissement des forces de sécurité connaissant le mieux le terrain avec, à la clé, un accroissement de l’insécurité déjà durement vécue par nos concitoyens malgré la communication tous azimuts du gouvernement sur ce sujet.
J’en veux pour preuve, enfin, le projet de loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche. Notre agriculture traverse une crise inédite : elle est frappée durement, puisque les revenus des agriculteurs ont chuté de près de 50% depuis 2008. Si certains secteurs, comme le secteur laitier, sont tout particulièrement touchés, c’est en fait l’intégralité des filières agricoles qui souffrent aujourd’hui. Selon certaines évaluations, 200.000 emplois du secteur agricole pourraient disparaître d’ici un an. Face à ce constat, que nous propose le Gouvernement ?
Un projet de loi très en deçà des attentes du monde agricole : une politique de l’alimentation à peine esquissée ; des pistes d’avenir négligées, que ce soit pour les circuits courts, l’aide à l’accès au foncier, la promotion des labels de qualité, le bio ; et puis, un plan de communication, un de plus, là où on attendait des mesures contraignantes concernant la grande distribution.
La ruralité souffre et l’Etat s’en désengage. Pourtant, à condition de déployer des politiques publiques pertinentes, de renouer avec une politique d’aménagement du territoire ambitieuse et de défendre nos services publics locaux, les territoires ruraux demeurent un formidable atout et des espaces d’avenir. |