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mercredi 23 mai 2012
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Pour une nouvelle politique industrielle

Lors du débat sur la désindustrialisation des territoires, 26 avril dernier au Sénat, j’ai souhaité mettre l’accent sur les jalons que supposent une véritable politique industrielle. J’ai expliqué que la France n’était pas en mesure de prendre le sillage de la dynamique chinoise ni de plagier le modèle mercantiliste allemand, qui ne manquera pas, à terme, de s’essouffler. L’avenir de notre économie dépendra donc de sa capacité à se positionner face au défi des « ruptures technologiques ». Ce sera seulement à cette condition que la France pourra s’inscrire dans la stratégie de Lisbonne de l’économie de la connaissance.


Cela suppose que notre appareil industriel acquière les aptitudes visant à intégrer des innovations technologiques radicales, des technologies profondément différentes des technologies précédemment dominantes et pouvant bouleverser les usages et les marchés. Cela suppose également que l’on cible des secteurs-clefs sur lesquels nous devons faire porter nos efforts en matière de politique industrielle parce qu’ils sont susceptibles de tirer notre économie vers le haut : les éco-industries, une politique énergétique, les biotechnologies, les nanotechnologies, la biologie de synthèse sont autant de secteurs où nous sommes aujourd’hui en mesure de prendre l’ascendant pour peu que les bonnes décisions politiques soient prises.

Que ce soit par une stratégie sectorielle ou par des stratégies fondées sur l’incitation à l’innovation – le fameux crédit d’impôt recherche –, la France doit se mettre en capacité d’intégrer les ruptures technologiques.

Le secteur de l’énergie photovoltaïque est emblématique de notre incapacité à absorber ces ruptures. Le moratoire de la filière photovoltaïque est un aveu d’échec : une « bulle » s’est constituée autour du photovoltaïque – à laquelle EDF a pris part –, et le bilan carbone des matériels importés, majoritairement de Chine, s’est révélé négatif. Cet exemple traduit l’échec d’une filière dans laquelle la France aurait pu jouer un rôle leader grâce aux potentiels de développement aussi bien au CEA qu’au MINATEC de Grenoble.
Cet exemple révèle l’incapacité de notre pays à mettre en œuvre une stratégie gagnante, même lorsque nous possédons des atouts et des potentiels. Afin de de permettre leur exploitation, la France doit faire évoluer le Crédit impôt recherche (CIR) en faveur des entreprises innovantes. Ce dispositif lancé par le gouvernement de Lionel Jospin et réformé en 2008 présente encore de nombreux déséquilibres et dérives. J’avais présenté un amendement en ce sens, je n’ai pas été suivi. Parallèlement, il faut conforter les aides directes à l’innovation, notamment octroyées par Oséo et instituer un fonds régional d’aide à l’innovation. Ce sont ces aides qui permettront à la France de se positionner au niveau mondial et parfois comme leader dans certains domaines comme ceux évoqués plus haut.

Enfin, l’État doit assumer ses responsabilités par une mobilisation des salariés, ce à quoi répondrait l’instauration d’une sécurité sociale professionnelle. Elle aurait pour objectif de conserver à la fois la qualification des salariés dans les entreprises et ce potentiel de développement afin de franchir avec succès les ruptures technologiques.
C’est en allant dans cette direction que notre économie renouera avec une croissance durable. A condition donc que la France se mette en position de compétition par rapport aux pays émergents, elle doit opérer un rattrapage accéléré dans la décennie à venir. La sauvegarde de notre industrie et de notre modèle social est en jeu.


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