Nanosciences et progrès médical
MM. Jean-Louis LORRAIN et Daniel RAOUL, Sénateurs (2004)
Décider aujourd'hui pour être prêts demain
Les nanobiotechnologies pourront apporter de réels progrès dans le domaine de la santé, et tout particulièrement dans trois domaines :
- le diagnostic : mieux voir in vitro (dernières générations de biopuces et laboratoires-sur-puces) et mieux voir in vivo (techniques peu invasives des capsules ingérées contenant des nano-caméras).
- les soins : vectorisation et ciblage des médicaments.
- la compensation des déficits : ingénierie tissulaire et neuroprothèses.
Comme l'ensemble des nanotechnologies, elles sont aujourd'hui incontournables, porteuses d'espoir mais aussi de certaines craintes.
Il est donc indispensable d'étudier les éventuels risques des nanotechnologies (toxicité ou dissémination dans l'environnement), de mener ces recherches en parallèle avec les recherches portant sur les applications des nanotechnologies, et de diffuser les résultats auprès des citoyens.
Une loi devrait être soumise au Parlement français afin d'affirmer le caractère stratégique des nanotechnologies, d'établir une feuille de route et de définir les orientations de recherche et de soutien (financiers et industriels). Elle devrait, compte tenu de l'évolution très rapide des nanotechnologies, prévoir sa réévaluation périodique par l'OPECST.
L'OMNT (Observatoire des micro et nanotechnologies) doit être doté de moyens supplémentaires pour établir une veille permanente des recherches menées dans le monde entier et favoriser les relations avec la Commission européenne et les Etats européens.
Les financements des pouvoirs publics doivent être à la hauteur de l'enjeu stratégique des nanobiotechnologies afin que les pays européens ne soient plus distancés par les Etats-Unis et le Japon.
Les aspects éthiques (respect de la vie privée et tentation de « l'homme augmenté ») doivent être sérieusement pris en compte afin de définir un « corpus de doctrine ».