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Quelques vérités sur les chiffres de la délinquance
Alors que le ministre avait pour mission de juguler la délinquance, on ne peut que déplorer l’échec global de sa politique. Pour être membre du Conseil d’orientation de l’Observatoire national de la délinquance (OND), j’ai participé à l’analyse précise des crimes et délits, tels qu’ils sont constatés par les services de police et les unités de la gendarmerie et rapportés dans l’état 4001.
Parmi les trois indicateurs créés par l’OND, les atteintes aux biens, les escroqueries et infractions économiques et financières et les atteintes volontaires à l’intégrité physique, ce sont ces dernières qui préoccupent légitimement nos concitoyens. Or, elles n’ont cessé d’augmenter.
M. Sarkozy, lui, préfère affirmer qu’entre mai 1998 et avril 2002, sous la gestion de la gauche, la progression des violences a été « plus de trois fois supérieure ». Ce qu’il omet sciemment de rappeler, c’est que la hausse continue a été endiguée dès 2000-2001, avant de reprendre de nouveau fortement en 2003-2004. C’est ce que montre sans appel un graphique extrait du rapport 2006 de l’OND et intitulé « Variations annuelles du nombre de faits constatés d’atteintes volontaires à l’intégrité physique ».
Il ne faut pas oublier non plus que les indicateurs de l’OND se fondent sur les faits constatés, ce qui ne recouvre pas tous les actes de délinquance. Loin s’en faut, même, si l’on en juge par l’enquête de victimation INSEE-OND de 2005, qui évalue à plus de 500 000 les faits signalés simplement classés en main courante.
L’état 4001 a le fâcheux défaut de compter aussi bien les fraises des bois que les éléphants, l’agression physique dont peut être victime une assistante ménagère comme les graffitis dégradant du mobilier urbain, ce qui fait que le chiffre global de la délinquance brandi par Nicolas Sarkozy comme en baisse de 8,8% n’a absolument aucun sens.
Quant à la proposition du ministre d’interdire l’école aux délinquants de plus de 16 ans, elle est tout à fait inacceptable puisqu’elle conduit à marginaliser des jeunes en échec affectif et scolaire, au lieu de leur redonner une deuxième chance. Le Projet socialiste promeut ainsi cette école de la deuxième chance, avec des classes relais. Si la répression est indispensable dans le cas de certains délinquants, il n’y a pas pire que la prison. |