|
Ce nouvel espace tarifaire promis aux chirurgiens, souhaité par l’ensemble des spécialistes, est censé récompenser ceux d’entre eux qui auraient pu choisir le secteur 2 mais qui aujourd'hui se contentent du secteur 1.
Pour Raymonde LE TEXIER, cet amendement ouvre la porte à une hausse continue du coût des soins. Il ne pourra qu'alimenter les revendications chez les spécialistes qui sont exclus de ce nouveau secteur.
Pour Bernard CAZEAU, si le gouvernement espère que le secteur 2 rejoigne le secteur 1, c’est plutôt l'inverse qui se produira. Cet amendement signe une fuite en avant vers ce que beaucoup de syndicats de médecins demandent depuis un certain temps, la liberté des honoraires. Ce gouvernement restera à la postérité pour avoir enterré la sécurité sociale !
Sur la forme, la méthode suivie par le gouvernement traite avec désinvolture les négociations conventionnelles. La partie qui voit ses revendications satisfaites aura tout intérêt à ce qu'elles échouent. Par ailleurs, le gouvernement s’obstine à continuer les négociations avec des syndicats devenus minoritaires, niant ainsi le résultat des élections professionnelles. Cette conception de la démocratie sociale prend le contre-pied de la « relance du dialogue social » prônée par le chef de l’Etat.
Cet amendement est caractéristique de la loi de financement de la sécurité sociale et des cadeaux électoraux distribués à certaines professions :alors qu'on demande aux assurés toujours plus d'efforts, et que l’accès aux soins pour les plus démunis est remis chaque jour un peu plus en cause. |