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L’emploi sacrifié
La situation de l’emploi est à l’image de la croissance. Désormais, la France détruit des emplois dans le secteur industriel comme dans celui des services, et le chômage risque d’atteindre d’ici à la fin de l’année la barre des 10 % de la population active. L’avalanche de plans sociaux en cours (Altadis, Tat Express, ST Microelectronics, Comilog, Doux, Matra, …) est telle que le gouvernement s’est séparé de son « Monsieur Plan Sociaux », avouant ainsi son échec et renonçant à tout volontarisme.
Un dérapage incontrôlé
Sur le plan budgétaire, le gouvernement a notifié hier à la Commission Européenne une perspective de déficit public au moins égale à 4,0 % du PIB pour 2003. Les choix économiques, sociaux et fiscaux arrêtés, puis confirmés depuis la fin de l’été 2002 par le gouvernement, mènent la France à l’impasse, les conséquences de cette politique se faisant déjà cruellement sentir. Comptable de ses actes, parce que disposant de tous les pouvoirs, le gouvernement devra en assumer la responsabilité et cesser d’en attribuer la cause tantôt à la gestion de ses prédécesseurs, tantôt au conflit Irakien, ou au cours du dollar ou bien encore aux grèves du mois de mai.
Une dette qui explose et compromet l’avenir
Face à cette dérive des comptes publics et sociaux, le gouvernement n’a plus d’autre choix que celui du recours massif à la dette qui dépasse déjà les 61 % du PIB et dont la charge annuelle représente désormais plus de 3 % du PIB. En agissant ainsi, le gouvernement prive le pays de toute marge de manœuvre budgétaire à court et à moyen terme ; il compromet l’avenir des générations futures et hypothèque les perspectives de rebond du pays, car le poids de la dette est tel qu’il est susceptible de freiner une reprise éventuelle à moyenne échéance.
Moins d’impôts pour les plus favorisés, davantage pour tous les autres
Notre pays paie aujourd’hui les conséquences d’une stratégie économique, fiscale et sociale injuste et dangereuse. Les prétendues baisses d’impôts ne sont en réalité qu’un trompe l’œil. Elles ne bénéficient qu’aux plus riches alors que les prélèvements fiscaux et sociaux augmentent pour les classes moyennes et populaires. Les plus hauts revenus profitent de la baisse de l’impôt sur le revenu et, pour certains, de la baisse de l’ISF pour épargner. De ce fait, la consommation des ménages, dernier ressort d’une croissance en berne, s’en ressent et recule pour la première fois depuis 10 ans (-0,6 %). Enfin, les impôts des classes moyennes et populaires augmentent. Les déremboursements de médicaments, la hausse des cotisations chômage, l’augmentation des tarifs des services publics (4 % pour le Gaz, 8 % pour le timbre poste, 3 % pour l’électricité, 4 % pour la RATP et près de 3 % pour la SNCF), la baisse du taux de rémunération du livret A, et surtout le relèvement des impôts locaux, aggravent la situation. |