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Après plusieurs mois de tergiversations et alors que se profilait au final l’abandon du projet de fusion-privatisation, un tel revirement de la part du gouvernement est inacceptable. Il l’est d’autant plus que le Président de la République s’était lui-même engagé à ne pas privatiser Gaz de France : « Je l’affirme, parce que c’est un engagement du gouvernement, EDF et Gaz de France ne seront pas privatisés » avait–il déclaré en 2004 alors qu’il était ministre des Finances.
Avec un tel choix, le Président de la République rompt donc avec les engagements qu’il avait pris devant la représentation nationale, révélant du même coup la versatilité de ses promesses !
Les sénateurs socialistes se sont fortement opposés à la privatisation de Gaz de France en prônant des solutions alternatives à même de préserver une régulation efficace du secteur énergétique actuellement en pleine restructuration à l’échelle tant européenne qu’internationale. Roland Courteau, chef de file des sénateurs socialistes sur ces questions, déplore ainsi que « l’option de créer un pôle public de l’énergie autour d’EDF et de Gaz de France n’ait pas été réellement étudiée. Au lieu de cela c’est à une concurrence fratricide entre EDF et GDF que l’on risque d’assister, Suez ayant désormais accès au fichier client du groupe énergétique».
Pour le Sénateur de l’Aude, ce seront inexorablement les usagers qui en feront les frais. Alors que les pressions sur les prix énergétiques n’ont jamais été aussi fortes, les actionnaires privés auront désormais les mains libres pour aboutir rapidement à des hausses des tarifs du gaz. Le pouvoir d’achat des ménages en sera durablement amputé puisque les dépenses d’énergie représentent une part de plus en plus importante de leur budget.
Quant à la minorité de blocage mise en avant par le gouvernement, force est de reconnaître qu’elle ne confère pas vraiment à l’Etat un pouvoir de décision ni sur la gestion quotidienne des affaires, ni sur les choix stratégiques sur le moyen et long terme, face aux actionnaires privés majoritaires.
En privatisant GDF le gouvernement seprive ainsi d’un outil essentiel de régulation dans le secteur énergétique qui lui assurait non seulement la maîtrise publique tarifaire, garant du pouvoir d’achat des ménages et de la compétitivité de l’économie mais aussi la sécurité de ses approvisionnements en gaz.
Autrement dit, cette opération purement financière signe à n’en pas douter la première étape de l’abandon du secteur énergétique à une régulation purement marchande, dominée par les actionnaires, au détriment de l’ensemble des usagers. |