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Malgré les beaux discours de son Ministre du Travail, une nouvelle fois le Gouvernement montre, avec
ce texte, son vrai visage : méprisant à l’égard des partenaires sociaux et désastreux à l’égard des
salariés.
Les dispositions du projet de loi relatives au temps de travail constituent une régression sans
précédent dans l’histoire sociale de notre pays. C’est la frange la plus libérale et la plus réactionnaire
de l’UMP qui l’a emporté.
En affirmant la supériorité de l'accord d'entreprise en matière de temps de travail, le Gouvernement
renverse complètement la hiérarchie des normes en vigueur dans notre pays, ce qui conduira à
l’atomisation des règles sociales.
En prévoyant une extension considérable de la durée du travail, y compris par « accord » de gré à
gré entre l’employeur et le salarié, le Gouvernement remet en cause tous les dispositifs de protection
de la santé et de la sécurité au travail et ouvre la voie au dumping social entre les entreprises.
En rendant caducs au 1er janvier 2010 tous les accords existants relatifs aux heures supplémentaires
et en obligeant les entreprises à les renégocier dans le nouveau cadre légal, le Gouvernement pousse
les partenaires sociaux à conclure des accords revus à la baisse : les salariés seront donc condamnés
à travailler plus pour gagner moins.
C’est un alignement par le bas des dispositions sociales françaises sur certains pays d’Europe, voire
des pays émergents, qui correspond aux textes récemment adoptés au sein de l’Union européenne -
textes auxquels le Ministre du travail, M Xavier Bertrand, vient de donner son feu vert (cf. projet
directive européenne sur le temps de travail) revenant ainsi sur l’engagement pris par son
prédécesseur. Il n’y a plus de doute possible : la droite veut la fin du modèle social français. Elle le fait
disparaître sous les coups de boutoirs à répétition de la majorité présidentielle. |