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Vous êtes dans Dans la presse Edito du Président

13.11.2008
Quel est le sens ? (l'édito du Président)

La crise économique a de curieux effets sur le gouvernement.

Ce dernier s’est livré jeudi dernier à un exercice surréaliste de programmation des finances publiques jusqu’en 2012 alors qu’aucun économiste sérieux n’a de visibilité sur l’évolution de la conjoncture mondiale au-delà d’un semestre.


Sur le principe, on ne peut qu’être favorable à une programmation qui essaye de donner une visibilité à la politique budgétaire à moyen terme et permet d’appréhender, au-delà de la politique budgétaire du Gouvernement, la situation d’ensemble des finances publiques, qui concerne aussi bien l’Etat, les collectivités territoriales, que les administrations de sécurité sociale. Par ailleurs, cette loi permet au Parlement de prendre enfin directement connaissance de la traçabilité des finances publiques alors que, jusqu’à présent, le Gouvernement n’en était destinataire qu’après la Commission européenne.

Comment ne pas voir pourtant que les circonstances rendent ce premier exercice virtuel, caduc et à contretemps. Le budget pluriannuel s’apparente à une feuille de route déjà périmée plus qu’à un véritable instrument de maîtrise des dépenses. Ni l'objectif d'un retour à l'équilibre en 2012, ni la prévision de croissance révisée, ni le niveau du déficit, ni le niveau de la dette ne sont crédibles. Car la construction de l’exercice pêche : là où il aurait fallu des scénarii, le gouvernement ne retient qu’une seule hypothèse. Encore celle-ci a-t-elle révisée par une série d’amendements en séance, qui ont modifié tous les chiffres principaux de ces perspectives, objectifs et paramètres macroéconomiques. Le budget pour 2009 est désormais lui aussi caduc puisque construit sur des données dont le gouvernement admet lui-même qu’elles sont dépassées.

Après le contretemps, le contresens. Entre l’amendement qui pousse la retraite après 70 ans, adopté à la sauvette et sans concertation, et l’ouverture des magasins le dimanche, le gouvernement se raccroche au crédo du « travailler plus pour gagner plus » qui s’apparente de plus en plus à un slogan dépourvu de réalité. Le travail le dimanche est une nouvelle offensive de dérégulation du marché du travail, incompatible avec le discours sarkozyste de « refondation du capitalisme » et de retour de la régulation ! Cette remise en cause d’un acquis social de 1906 constitue également une fausse liberté car l’employé sera toujours soumis aux directives de l’employeur. Et en période de récession du pouvoir d’achat, cette mesure ne provoquera, au mieux, qu’un étalement de la consommation !

Ce sont ces évidences que les sénateurs socialistes s’attacheront à démonter dans les prochains jours, tant le gouvernement fait fausse route, accumulant contretemps et contresens.


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