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18.11.2008
L'eternelle distance entre les discours et les actes (l'edito du Président)

En allant à Washington, Nicolas Sarkozy voulait faire croire qu’il imposerait aux Etats-Unis une refondation du capitalisme avec une régulation supranationale des marchés et des fonds spéculatifs. Paré de ses habits de Président de l’Union européenne, il entendait, rien de moins, lancer un nouveau « Bretton Woods » et convertir les Etats-Unis du libéralisme à la régulation ! A y regarder de près, le bilan de ce G20 ce sont surtout de belles intentions. Les Etats-Unis n’ont pas voulu renforcer les pouvoirs du FMI ni internationaliser la régulation qui restera nationale. Il faudra attendre le 31 mars pour connaître des propositions concrètes de réforme.


Elles pourront utilement s'inspirer de la contribution des socialistes, au groupe de travail paritaire constitué entre députés et sénateurs, publiée dans ce bulletin, et des propositions concrètes qui sont faites.

On peut par ailleurs s’interroger sur la portée de la régulation financière nationale que Sarkozy entend mettre en œuvre. En effet, en refusant d’entrer dans le capital des banques pour pouvoir contrôler et orienter l’usage qui serait fait de l’argent des Français et en souscrivant une participation sans droit de vote, le gouvernement se révèle incapable d’inciter les banques frileuses à jouer le jeu et à réinjecter des liquidités dans un circuit financier traumatisé au profit des entreprises, et principalement les PME, et des ménages. Dans sa réponse à Jean-Louis Carrère aux questions d’actualité de jeudi dernier, le Premier ministre a reconnu qu’il n’était pas assuré que les banques soient « au rendez-vous de l’intérêt général » , menaçant que « sielles n’y sont pas, le Gouvernement en tirera les conséquences. Il retirera les moyens mis en place et envisagera, le cas échéant, d’autres mesures », mais lesquelles ?

Ces belles intentions de régulation du capitalisme financier se heurtent à la dérégulation continue du champ social, ainsi qu’en témoigne l’amendement allongeant la mise à la retraite d’office à 70 ans. Comme l’a souligné avec pertinence Bernard Cazeau, le vrai sujet est non pas l’allongement de l’amplitude du temps de cotisation, mais le maintien dans l’emploi jusqu’à 60 ans, car aujourd’hui, c’est à 58 ans et demi que l’on est mis à la retraite, pas à 70 !

Incapable de restaurer les comptes sociaux et de combler le déficit de l’assurance vieillesse, le gouvernement entend ainsi pallier la baisse continue des taux de remplacement par une augmentation brutale de la durée de cotisation. Loin de cette « liberté nouvelle », selon le gouvernement ou « opportunité », selon le MEDEF, les Français ont massivement rejeté cette mesure adoptée en catimini et sans aucune concertation préalable. Que l’on ne s’y trompe pas : c’est une façon de préparer l’opinion publique au relèvement de l’âge minimal de la retraite. Le vrai problème se situe au niveau du faible taux d’activité salariés séniors, et des difficultés croissantes à constituer des droits à a retraite en raison de la précarité grandissante du salariat. Quoi qu’on pense de cette réforme, elle mérite un vrai débat parlementaire.

Les sénateurs socialistes y contribueront en donnant les arguments pour lesquels ils s’y opposeront de la manière la plus déterminée lors de la discussion, ces deux semaines, de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2009.

   

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