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Ma question s'adresse à M. le Premier ministre, mais, en son absence, je crois que c’est Mme la ministre de l'économie, de l'industrie et de l'emploi qui me répondra.
Madame la ministre, la mort d’un SDF qui vient d’intervenir, c’est un pic dans la détresse qui s’étend brutalement dans notre pays.
Les conditions d’accueil des plus pauvres, faute de structures adaptées et de personnels en nombre suffisant, ne permettent pas de répondre à cet excès de misère et d’abandon. Le Gouvernement se doit de prendre immédiatement des initiatives.
Madame la ministre, pouvez-vous nous dire ce que le Gouvernement envisage de faire pour humaniser les conditions d’accueil trop souvent compromises par la promiscuité, devant lesquelles les personnes les plus démunies ont un réflexe de recul ?
Dans le même temps, les organisations non gouvernementales et les organisations caritatives lancent un cri d’alarme. Elles voient venir à elles ces nouveaux pauvres, qui sont dans une situation de détresse de plus en plus grave et dont la crise économique, les fermetures d’usines, les délocalisations, le chômage qui repart à la hausse accroissent le nombre. Ce sont des centaines de milliers de familles qui n’ont plus les moyens de boucler leur fin de mois, de se nourrir et de nourrir leurs enfants, de trouver un logement, de payer leur loyer, de se soigner, de vivre.
Je veux rendre hommage à toutes celles et à tous ceux, fonctionnaires de l’État, agents des collectivités locales, bénévoles des associations, citoyens qui ont à cœur de pallier les insuffisances de notre société et qui, pas seulement au seuil de l’hiver, mais toute l’année, sont au service des plus démunis.
Le Gouvernement annonce des plans de soutien et de relance dans tel ou tel secteur de l’économie, dont on ne sait, hélas ! quels résultats ils donneront, alors que chacun a le sentiment que la crise risque de durer et de s’approfondir. Jusqu’à quand, d’ailleurs ? 2009 ? 2010 ? 2011 ?
Ne pensez-vous pas qu’il est d’une urgence extrême pour le Gouvernement de se porter sans plus tarder au secours de tous ceux qui n’en peuvent plus ?
Qu’attendez-vous pour dégager les moyens financiers nécessaires alors que dans d’autres domaines – ce que nous ne contesterons pas forcément –, vous avez trouvé des crédits importants ?
Ma question s’adresse également à vous, monsieur le président : qu’attendez-vous pour impliquer durablement l’État, pour mobiliser les administrations, les préfets, pour réunir les ONG et pour les soutenir concrètement et financièrement ? Qu’attendez-vous pour lancer un plan de lutte contre la misère à hauteur du drame national qui est en train de se nouer ?
Madame la ministre, monsieur le président, dites-nous ce que vous ferez, ce qu’il est de votre responsabilité de faire ?
Mme Christine Lagarde,
ministre de l'économie, de l'industrie et de l'emploi.
Monsieur Mermaz, le Gouvernement est sensible à toutes les situations de détresse.
Soyez assuré que tous les services de l’État sont mobilisés à cet effet.
Ma collègue Christine Boutin est sur le pont jour et nuit. L’histoire économique nous apprend au moins une chose : pour que les économies fonctionnent, pour que des investissements soient effectués, pour que des emplois soient maintenus, ifaut que le système financier qui sert de soutien à l’économie fonctionne. Vérifiez dans vos manuels ! La première priorité est donc que le système fonctionne.
La deuxième priorité, c’est l’emploi, parce que le Gouvernement ne souhaite pas voir augmenter le nombre de personnes qui sont dans cette situation. Pour ce faire, votre assemblée vient d’adopter le revenu de solidarité active. Le revenu de solidarité active a précisément pour objet de soutenir l’ensemble des Français que nous voulons accompagner vers le marché du travail afin de leur redonner non seulement de quoi vivre mais aussi leur dignité au travail.
C’est ça, le revenu de solidarité active, que le Gouvernement soutient.
L’activité est la première priorité pour tous. Nous sommes tous mobilisés en faveur de ceux qui sont dans une grande détresse. Il faudrait peut-être faire œuvre de solidarité et adopter des comportements collectifs pour lutter…
Je sais que les collectivités agissent. Le Gouvernement agit aussi ! |