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Revenant sur le très fort taux d’abstention (près de 60 %) qui a marqué le scrutin européen du 7 juin et qui a conduit la formation arrivée en tête à ne recueillir que le soutien d’un inscrit sur dix, Mme BOURZAI a appelé à un langage de vérité sur l’Europe. Elle a déclaré : « L'euroscepticisme grandit, y compris au Parlement européen, sans doute parce que l'Union européenne sert trop souvent de bouc émissaire de l'échec des politiques nationales, mais aussi en raison des dogmes libéraux et des mesures libérales dont se gargarisent la commission sortante et les gouvernements qui la soutiennent. »
Citant l’exemple de la crise du lait, elle a directement interpellé le gouvernement : « Qui peut faire confiance aux déclarations de Mme Fischer Boel, qui pendant la crise alimentaire 2007-2008 nous a affirmé sans se lasser que le marché devait tout régler et que la fin des quotas laitiers se ferait par un atterrissage en douceur ? N'avez-vous pas l'impression que depuis un an, alors que l'on a augmenté de 1 % les quotas laitiers, on est déjà en plein krach ? »
Passant en revue les sujets à l’ordre du jour du Conseil européen, la sénatrice de Corrèze a rappelé que pour surmonter la crise « un véritable plan de relance économique est nécessaire à l'échelle de l'Union européenne, notamment dans le domaine de l'économie verte, accompagné de mesures significatives sur le plan social et en matière de services publics, pour faire face à la déferlante du chômage qui menace la cohésion sociale ». Elle a rappelé que « toute autosatisfaction apparaît d’autant plus déplacée que le pire est à venir » et que nos concitoyens « se sont exprimés en faveur du développement durable en matière économique, sociale et environnementale ».
Demandant une lutte vigoureuse contre la spéculation financière et les paradis fiscaux, elle s’est émue que dans l’équipe sortante de M. Barroso ces secteurs relevaient d’un des commissaires les plus libéraux.
Au nom du Groupe socialiste, Mme BOURZAI a indiqué que M. Barroso n’est « à l’évidence pas l’homme de la situation », après avoir affaibli l’Europe face aux intérêts contradictoires des gouvernements, avoir théorisé l’impuissance de la Commission européenne et avoir tenté d’aligner l’Europe sur les positions de Bush sur la guerre en Irak. Elle a appelé à la désignation de son successeur par le Parlement européen nouvellement élu et sur la base du traité de Lisbonne, dénonçant le choix prématuré du Conseil européen. |