La régulation financière devra être une des grandes questions de 2010. Les profits du secteur financier sont revenus, ainsi que les mauvaises habitudes qui ont entrainé la crise de 2008. Mais, si la crise financière a été résorbée (temporairement), la crise économique et sociale se poursuit et s’amplifie : le pouvoir d’achat des Français est en berne, le chômage poursuit sa remontée, la situation de nombre d’entreprises demeure difficile. Or, cette embellie financière est due largement aux aides accordées par le contribuable. Il y a donc un problème. Le Président américain face à cette situation inacceptable a réagi, par la mise en place d’une imposition des banques sur leur bilan. « Mon engagement est de récupérer chaque centime dû aux contribuables américains ; et ma détermination est renforcée par l’annonce de bénéfices colossaux et de bonus indécents au sein des sociétés qui doivent leur survie aux contribuables ». Une commission d’enquête a aussi été créée au Congrès pour identifier les causes de la crise financière.
On aimerait la même ardeur pour notre pays. Jusqu’ici le Président de la République a beaucoup parlé, de G 20 en algarades contre les banquiers voyous ou les traders voleurs. Ils n’ont jamais été suivis d’actes. C’est seulement dans le prochain collectif qu’une taxe sera examinée. Pour l’instant, elle est ridicule tant dans sa destination (seulement les bonus des traders en 2009) que dans son impact net (90 millions d’euros). On est loin de récupérer les milliards accordés aux banques ou de contrôler les jeux dangereux des artificiers de la finance. Quant aux actions pour réguler un système financier qui préfère toujours les plaisirs du casino à l’accomplissement de ses missions de financement de l’économie, on devra se contenter des quelques mesurettes contre les paradis fiscaux.
Autre question cruciale en 2010 : les retraites. Le besoin de financement de l’ensemble des régimes obligatoires va atteindre cette année 25 milliards d’euros. Rappelons que le système était équilibré
en 2001. Les responsabilités sont donc claires et comme pour les déficits publics l’irresponsabilité coexistant depuis 2002 avec l’idéologie a abouti à ce résultat inquiétant. Les discours sur la refondation du système commencent donc à fleurir dans la bouche du Président. Par l’annonce de telles prévisions, il prépare aussi l’opinion au relèvement de l’âge de la retraite et à la réduction des retraites des fonctionnaires qui seront annoncés après les régionales. Car, là encore, il n’est pas question d’imaginer un dispositif qui aboutirait à faire payer plus au système financier, à mettre fin aux niches sociales qui coutent 5 milliards d’euros par an, ou à supprimer des exonérations inutiles de cotisations sociales (30 milliards d’euros par an).
C’est cela la droite !