Malgré les mises en garde des sénateurs socialistes contre la libéralisation des jeux en ligne, et les amendements (presque tous rejetés) qu’il ont proposés, le Gouvernement a persisté dans sa volonté de rompre, au nom de l’idéologie néo-libérale, l’équilibre que la France était fière d’avoir trouvé en matière de gestion du secteur des jeux d’argent.
Le Conseil constitutionnel a rejeté le recours déposé par les parlementaires socialistes contre la loi « relative à l’ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d’argent et de hasard en ligne » votée par le Parlement le 6 avril 2010 et, partant, cette loi est en vigueur depuis sa publication par le Journal Officiel, le 13 mai 2010.
Constatant que cette loi ouvre un marché, jusqu’à présent illégal, estimé à près de 2 milliards d’euros par an, M. François Marc, sénateur du Finistère, Vice-président de la Commission des finances du Sénat, s’élève, au nom du Groupe socialiste du Sénat, contre le fait que cette loi va multiplier par 3 le nombre de personnes en situation d’addiction et de surendettement…
En France, pays qui s’était toujours opposé à la libéralisation des paris et des jeux de hasard, le nombre de joueurs pathologiques, pour lesquels des consultations hospitalières sont organisées, est estimé à 600 000, soit environ 1 % de la population, soit une proportion de deux à trois fois inférieure à celle d'autres pays : aux Etats-Unis, 9 millions de personnes (3% de la population) souffrent du jeu compulsif.
La loi de libéralisation des jeux en ligne :
Porte atteinte à la santé publique : -le Gouvernement pousse à la dépendance de nouvelles couches de la population.
Porte atteinte aux finances publiques : -L’ancien système de jeux rapportait 5 milliards d’euros par an à l’Etat.
-Le nouveau système ne va plus lui en rapporter que 3 milliards !
Le Gouvernement dilapide, dès aujourd’hui, 2 milliards d’euros !!!
Porte atteinte à la morale publique : le Gouvernement favorise la diffusion de la « morale de casino » dans une société qui n’en souffre déjà que trop...