Si le nombre de voitures brûlées a fortement diminué, le pays n’en est pas moins toujours en état d'urgence sociale : les associations de terrain qui oeuvrent pour le soutien scolaire, la formation des animateurs, l'encadrement de la jeunesse, entre autres missions, souffrent de la diminution des crédits qui leur sont alloués. En effet, toutes ces associations ont vu leur dotation diminuer de 30 % à 50 % depuis le début de l'année, ce qui a conduit certaines d'entre elles à réduire ou à cesser leur activité ; j’ai d’ailleurs cité l'exemple de la Confédération syndicale des familles.
Pourtant, l'ampleur de la crise exige que des mesures sociales radicales soient prises pour aider les familles et les jeunes. La branche famille de la sécurité sociale tient une place essentielle à cet égard, les caisses d'allocations familiales constituant un acteur incontournable en matière d'accompagnement des familles et un partenaire privilégié des collectivités territoriales et des associations. Ce sont d'ailleurs ces dernières qui ont joué le rôle de modérateur, aux côtés des élus locaux, lors des récents événements, et il faut leur rendre hommage.
Néanmoins, la convention signée en juillet 2005 a contraint les caisses d'allocations familiales à de sévères restrictions budgétaires affectant le financement des contrats « temps libre » et « enfance ». En obligeant les caisses d'allocations familiales à couper les crédits accordés pour le début de l'année 2005, la majorité UMP a amplement montré que la prise en compte des difficultés matérielles et sociales des familles était la dernière de ses préoccupations, loin derrière la répression.
J’ai donc demandé au gouvernement comment, dans ces conditions, il comptait permettre aux caisses d'allocations familiales de tenir les engagements qu'elles avaient pris au titre des contrats « enfance » et « temps libre » et s’il comptait prendre des mesures pour soutenir les caisses d'allocations familiales, qui jouent un rôle fondamental, aux côtés des élus locaux, pour développer une politique d'accueil des enfants hors temps scolaire.
J’ai conclu avec ces mots : « Une solidarité nationale authentique doit être au rendez-vous de la reconstitution du tissu social. Vous ne le comprenez pas, ou plutôt vous ne voulez pas le comprendre. La répression est aveugle ! Quand allez-vous recouvrer la vue en matière de prévention et de politique familiale, et décréter un état d'urgence sociale ? »
Je n’ai malheureusement pas eu de réponse sur ces aspects de la part de Mme Catherine VAUTRIN, ministre déléguée à la cohésion sociale et à la parité.