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D 'un point de vue macro-économique, la France va entrer en récession. Or, les mesures annoncées pour soutenir l'investissement auront des effets différés dans le temps, alors que le moteur de la consommation menace de panne immédiate.
Au demeurant, ce plan défensif comporte peu de mesures nouvelles : la prime à la casse pour l'industrie automobile sera très éphémère alors que la crise du secteur est structurelle, le prêt à Taux Zéro, est sous contrainte d'un plafond de prix du logement qui n'est pas adapté aux zones urbaines où les besoins sont les plus criants. Il s'agit tout au plus d'un soutien ponctuel à deux secteurs fortement déprimés. C'est d'une véritable politique industrielle innovante et compétitive dont nous avons besoin.
Quant aux mesures de trésorerie au bénéfice des entreprises, elles n'ont pas d'effet sur leur compétitivité. Depuis 7 ans, la majorité au pouvoir a tardé à prendre les mesures nécessaires pour renforcer la compétitivité française. Aux commandes de l'Etat aux postes essentiels pour préparer notre économie au choc de la crise financière, Nicolas Sarkozy a p référé utiliser le surplus de croissance pour faire des cadeaux fiscaux à ceux qui en ont le moins besoin.
Le Président de la République ne veut pas assumer l'erreur économique de ses choix fiscaux de l'année 2007. Les collectifs budgétaires et les plans se succédant, il devra bien y être contraint. En effet, si les circonstances exceptionnelles justifient le creusement du déficit budgétaire, l es mesures annoncées ne nous permettrons pas de rebondir quand la crise sera passée, car il faudra alors payer une charge de la dette très lourde.
Les collectivités territoriales, qui assurent déjà 73% des investissements civils, sont appelées à les accélérer, alors même que la Loi de Finances pour 2009 les contraint à réduire sévèrement la voilure. Le remboursement anticipé de la TVA, dans une enveloppe fermée, fera baisser d'autant les dotations de l'Etat dont elles bénéficient.
Enfin, le chef de l'Etat, qui le Président de l'Union Européenne, ne se pose pas la question de la coordination des plans nationaux, dont l'hétérogénéité pèsera sur les capacités de rebond de l'économie européenne. C'est un échec pour sa présidence et c'est un risque grave pour l'Europe. |