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Est-ce que la France a réellement contribué à faire avancer les grands dossiers européens ? Avons-nous été capables de rassembler les Etats de l’UE face à la crise internationale ? Avons-nous été capables de définir un intérêt général européen, au-delà des égoïsmes nationaux ? Les grandes ambitions affichées par Nicolas Sarkozy sur l'Europe de la Défense, (le paquet Energie/Climat) et l’Union pour la Méditerranée ne sont aujourd’hui que de belles paroles et de maigres réalisations, et dans certains cas un choix délibérément régressif comme sur la réforme (et le démantèlement) de la PAC ou encore sur le temps de travail.
Le manque de cohésion face à la crise
Malgré les beaux discours du Président, l'Europe n'a eu qu'une cohésion de façade. Chacun est parti de son côté et, s'il y a eu un modèle, il n'est venu ni de Bruxelles, ni de Paris, mais de Londres que chacun (Etats-Unis et Allemagne compris) s'est employé à imiter. La France est apparue à la traîne, (incapable de rassembler les Européens).
Chacun a joué son jeu en fonction de sa situation propre et les nombreuses réunions européennes ont surtout consisté à prendre acte des plans nationaux. L'occasion était pourtant belle de lancer un grand emprunt européen par obligations, sans attendre dans 6 mois la révision du cadre financier de l'Union. L'impression est que la France a été surtout soucieuse de faire avaliser son propre plan plutôt que de rechercher une réponse véritablement européenne. Un plan, d’ailleurs, surtout virtuel puisqu’il semble mobiliser des sommes très fortes alors qu’en réalité, l’essentiel est de l’argent déjà engagé.
L’Europe sociale : la grande oubliée
L’Europe sociale, qui face à la crise n’a jamais autant manqué aux citoyens européens, n'a finalement pas été élevée au rang des priorités françaises. Rien sur les services publics et notamment les services sociaux d'intérêt général fortement menacés, rien encore sur le droit aux actions collectives et syndicales en Europe.
Malheureusement, le seul sujet à mettre à l’actif du gouvernement est le fameux « Pacte pour l'immigration » qui enferme l’Europe dans une logique toujours plus sécuritaire sous prétexte de mieux protéger les citoyens.
A quand l’Europe des citoyens ?
L’Europe des citoyens que les socialistes appellent de leurs vœux n’a toujours pas vu le jour. Face à la mondialisation, les Européens ressentent le besoin d’une Union démocratique dans laquelle le Parlement européen aurait des pouvoirs renforcés, une Union efficace qui aurait une réelle marge de manœuvre budgétaire, une Union progressiste dans laquelle une clause sociale transversale obligerait les différents acteurs (Commission et Etats membres) à prendre en compte la dimension sociale dans toutes les politiques mises en œuvre, une Union protectrice dans laquelle les services publics auraient une existence juridique solide et le droit du travail ne serait pas constamment menacé.
La seule chose que l’on retiendra de la Présidence française, c’est qu’elle n’aura rien fait pour que l'Europe avance dans cette voie. |