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L’Europe que nous a vantée Nicolas Sarkozy au Parlement européen aujourd’hui, c’est l’Europe de la dérégulation (démantèlement de la PAC, oubli total de l’Europe sociale, durée du travail hebdomadaire quasi illimitée) et une Europe sécuritaire qui organise le retour au pays d’origine des immigrés au lieu de s’accorder sur des principes communs et positifs relatifs à l’intégration de ces personnes. Nicolas Sarkozy a chanté les louanges d’une Europe de droite. « Pour faire les choses, il ne faut pas attendre demain » a-t-il déclaré. Qu’en est-il alors de l’application de la clause sociale horizontale ou encore de la base juridique pour les services publics contenus dans le traité de Lisbonne ? Derrière les effets d’annonce, on ne pourra que dénoncer un plan de relance européen qui n’a d’européen que le nom, une Union de la Méditerranée qui se borne à reprendre des financements et des projets existants, et enfin un compromis sur le paquet énergie-climat qui multiplie les dérogations au risque de saper l’architecture d’ensemble.
Jean-Pierre Bel souhaite également insister sur la « méthode européenne » du chef de l’Etat : absence de concertation, vision très personnelle du pouvoir, et une approche essentiellement intergouvernementale de l’Europe, Nicolas Sarkozy ayant passé son temps à gérer les égoïsmes nationaux (dont celui de son propre pays) au lieu de dégager un intérêt européen commun. L’esprit communautaire sort donc très affaibli de cette présidence française. A la veille d’échéances européennes, ceci est fort regrettable.
Tant sur le fond que sur la forme, ce sont en définitive les citoyens européens les grands oubliés de cette présidence. Le groupe socialiste du Sénat aura à cœur de le rappeler au gouvernement et appelle à une politique européenne ambitieuse, solidaire et efficace plutôt qu’à une politique du verbe. Pour ce faire, Jean-Pierre Bel a demandé au gouvernement d’organiser un débat en séance sur le bilan de cette présidence dès janvier 2009. |