Vendredi 9 avril, le Gouvernement, voulant aller trop vite, n'a pu faire achever par le Sénat la discussion du projet de loi du Grand Paris. Il a du affronter les arguments du groupe socialiste, qui ont mis en lumière une méthode, une stratégie et des choix de gouvernance qui ne respectent pas les collectivités et qui font fi de la consultation des Franciliens.
Les sénateurs socialistes ont dénoncé un projet autoritaire et recentralisateur, développé à partir d'une vision obsolète du développement francilien qui se limite à relier les grands pôles économiques, au détriment des zones enclavées et d'une approche globale des besoins des franciliens.
Ce projet, qui divise aussi la majorité sénatoriale, se résume à la construction d'un métro automatique souterrain, sans articulation avec les infrastructures existantes, et à la création de deux établissements publics dont un consacré au développement du plateau de Saclay.
En refusant de prendre en compte le SDRIF, comme le plan de mobilisation pour les transports, tous deux adoptés par le Conseil Régional d'Ile-de-France après de longues négociations, le Gouvernement rejette la voie de la concertation avec la Région, alors que la commission nationale du débat public (CNDP) a donné son feu vert pour le débat sur Arc Express, le projet de rocade ferroviaire en proche couronne parisienne.
Alors qu'il propose un mode de gouvernance qui contredit les principes constitutionnels de la décentralisation, le Gouvernement s'est révélé incapable de proposer un financement crédible et pérenne pour l'infrastructure de son projet, tout en faisant supporter une part des dépenses d'investissement par les collectivités via le STIF.
Pour les sénateurs socialistes, ce projet de loi illustre une épreuve de force engagée par le Gouvernement depuis plusieurs mois pour opposer l'Etat et les collectivités territoriales, dans une démarche de recentralisation punitive, au contraire de la sanction électorale des Français le 21 mars 2010.